Sénéchal

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SÉNÉCHAL, subst. masc. C'était un officier dont les fonctions ont été différentes selon les temps.

Il paraît que, dans l'origine, c'était le plus ancien officier d'une maison, lequel en avait le gouvernement. Il y en avait non seulement chez les rois et les grands, mais même chez les particuliers. Mais on distinguait deux sortes de Sénéchaux, les grands et les petits ou communs. Ces derniers étaient ceux qui avaient l'intendance de la maison de quelques particuliers. Les grands Sénéchaux étaient ceux qui étaient chez les princes ; ils avaient l'intendance de leur maison en général, et singulièrement de leur table, ce qui leur fit donner le titre de Dapifer ; ils étaient à cet égard ce qu'on a appelé depuis grands maîtres de la maison, chez les princes, et maître d'hôtel, chez les autres seigneurs ; mais les grands Sénéchaux ne portaient les plats que dans les grandes cérémonies, comme au couronnement du roi, ou aux cours plénières, et, hors ces cas, cette fonction était laissée aux Sénéchaux ordinaires. Voyez Grands-officiers de la couronne.

Anciennement, les Sénéchaux des provinces avaient une très grande autorité, puisqu'elle s'étendait sur les lois, les armes et les finances. Les ducs s'étant emparés du pouvoir d'administrer la justice, et ne voulant pas l'exercer en personne, établirent des officiers pour la rendre en leurs noms et sous leur autorité ; ils les appelaient baillis, en certains lieux, et en d'autres, Sénéchaux. Mais, lorsque les rois de la troisième race commencèrent à réunir à la couronne les villes qui en avaient été démembrées, particulièrement du temps de Hugues Capet, ils attribuèrent aux juges ordinaires, c'est-à-dire aux baillis et aux Sénéchaux, la connaissance des cas royaux et des causes d'appel du territoire des comtes. Sous la seconde race, c'étaient des commissaires ou missi dominici, que les vieux historiens appellent messagers, qui jugeaient ces causes d'appel dévolues au roi. Ainsi, ces baillis ou Sénéchaux, sous la troisième race, furent revêtus non seulement du pouvoir des commissaires royaux, ou missi dominici, mais ils succédèrent, en quelque sorte, à toute l'autorité des ducs et des comtes, ensorte qu'ils avaient l'administration de la justice, des armes et des finances. Ils jugeaient en dernier ressort ; ce qui a duré jusqu'au temps où le parlement fut rendu sédentaire, sous Philippe le Bel. Avant cela, on ne remarque aucun arrêt rendu sur des appellations des jugements prononcés par des baillis ou Sénéchaux ; mais toutes les charges étant devenues perpétuelles, par l'ordonnance de Louis XI, les baillis et Sénéchaux, non contents de n'être plus révocables, tâchèrent encore de devenir héréditaires ; c'est pourquoi les rois appréhendant qu'ils n'usurpassent l'autorité souveraine, comme avaient fait les ducs et les comtes, leur ôtèrent d'abord le maniement des finances, et ensuite le commandement des armes, en établissant des gouverneurs. On leur laissa seulement la conduite de l'arrière-ban, pour marque de leur ancien pouvoir. Il ne leur resta que la simple séance à l'audience, et l'honneur que les sentences et contrats étaient intitulés de leur nom. Lorsque le Sénéchal était présent, son lieutenant prononçait : Monsieur dit ; et, quand il était absent, Nous disons. La plupart des sénéchaussées ont été réunies successivement à la couronne ; les premiers rois de la troisième race n'avaient même conservé, sous ce titre, que Paris, la Beauce, la Sologne, la Picardie et une partie de la Bourgogne. Le Sénéchal de Bordeaux était grand Sénéchal de Guyenne. La Provence était divisée en neuf sénéchaussées, sous un grand Sénéchal ; il y avait un Sénéchal particulier dans chaque sénéchaussée.

Les baillis et Sénéchaux des provinces devaient être gentilshommes de nom et d'armes, d'après l'édit de Henri III, du mois de mai 1579.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816