Huissier

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HUISSIER, subst. masc., officier attaché au ministère de la justice, ainsi nommé de ce que ces officiers ont la garde de l'huis ou porte du tribunal ; le principal objet de cette fonction est de tenir la porte close, lorsque l'on délibère au tribunal, et d'empêcher qu'aucun étranger n'y entre sans permission du juge ; d'empêcher même que l'on écoute auprès de la porte les délibérations de la compagnie, qui doivent être secrètes ; de faire entrer ceux qui sont mandés au tribunal, et d'en faire sortir ceux qui y causent du trouble.

En France, on les appelait tous anciennement servientes, d'où l'on a fait sergent. On les appelait aussi indifféremment bedels ou bedeaux, ce qui, dans cette occasion, signifiait semonceur public.

Ceux qui faisaient le service au parlement étaient appelés, dans un registre de l'an 1317, valeti curiæ ; et dans des lettres du 2 janvier 1565, le roi les appelle nos amés varlets. On sait que le terme de varlet ou valet ne signifiait pas alors une fonction vile et abjecte, telle que celle d'un domestique, puisque les grands vassaux se qualifiaient valets ou varlets de leur seigneur dominant ; les places d'Huissier au parlement s'achetaient déjà, à cause des gages qui y étaient attachés. Il était défendu aux Huissiers même du parlement de se qualifier de maître. Ce titre était alors réservé aux magistrats ; mais depuis que ceux-ci se sont fait appeler monsieur, les Huissiers se sont attribué le titre de maître

Cependant la Roque prétend, page 370, que la charge d'Huissier semble déroger, parce que leur fonction est servile, en ce que, dit-il, ils font des cris publics et servent à ouvrir et à fermer les portes.

Il y avait quatre Huissiers de la grande chancellerie, dont un créé dès 1473, un autre en 1597, et les derniers en 1655. Le premier était en même temps premier Huissier du grand-conseil ; il en remplissait les fonctions en robe de soie, rabat plat, et toque de velours, et jouissait des privilèges de la noblesse par déclaration du mois d'août 1717.

Dans les cérémonies où le chancelier de France assistait, il était toujours précédé de deux Huissiers du conseil et de deux de la grande chancellerie. Ces deux derniers portaient ses masses. Leur habillement était la robe de satin noir, le rabat plissé, la toque de velours à cordon d'or, les gants à frange d'or, et des chaînes d'or à leur cou ; ceux du conseil avaient de plus une médaille d'or pendante à leur chaîne, et ceux de la grande chancellerie ne pouvaient la porter suivant un arrêt de 1676. Ce fut Henri II qui lui donna ces chaînes d'or, un jour qu'il sortait du conseil. Louis XIII y ajouta sa médaille, qui leur fut donnée ensuite par Louis XIV et par Louis XV à leur avènement à la couronne. Hors les cérémonies, ils faisaient leur service en manteau court et rabat plissé : ils étaient tous commensaux de la maison du roi, et, à la nomination du chancelier, à qui ils payaient un droit de survivance.

Par édit du 2 janvier 1691, le premier Huissier du parlement de Paris jouissait de la noblesse transmissible.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816